Née en 1996 à Boston
Vit et travaille à Paris
Diplômée des Beaux-Arts de Paris (2020)
Valentine Esteve développe une pratique multidisciplinaire où la peinture, la sculpture, le textile et l'installation convergent vers une exploration radicale de l'espace et de la mémoire.
Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2020, après un passage par l'Université Nationale des Arts de Séoul, elle mène une recherche plastique nourrie par la rigueur photographique et les rituels immémoriaux. Son travail s'attache à aller au-delà du récit pour libérer l'image de ses contraintes narratives. En effaçant l'anecdote et l'histoire immédiate, elle déploie un corpus de peintures quasi monochromes qui poussent la lisibilité de l'image jusqu'à ses extrêmes limites. La toile cesse de raconter pour devenir un lieu en soi. Si les relations humaines continuent de peupler ses oeuvres, elles y demeurent en sourdine, tapies sous la matière. Ce silence figuratif laisse toute la place à une autre rencontre : celle qui se joue directement entre la peinture et l'espace, ouvrant le champ à une profonde spatialité.
La couleur, envisagée comme la matière principale, s'impose alors comme un moyen visuel de s'approprier le lieu, de prendre place et de faire corps avec le bâti, redonnant à la peinture sa dimension pleinement sculpturale et architecturale. Les compositions rigoureuses empruntent leurs cadrages et leur économie de moyens à la précision de la photographie à la chambre, capturant l'espace avec un regard suspendu et frontal. À travers des lignes claires et une perspective plate, la couleur devient la seule indication du plan, structurant une architecture bidimensionnelle où s'opère une lente sédimentation visuelle.
Cette recherche s'articule autour d'une matérialité brute et intemporelle, qui évoque le grain et la planéité des fresques antiques ou des parois de l'art pariétal, là où le pigment s'unit durablement à la structure qui le porte. Les toiles se déploient alors comme de véritables palais de la mémoire, des topographies mentales où les formes s'organisent pour retenir une trace invisible et fixer le temps. Cette démarche exigeante partage avec l'installation immersive un rapport quasi rituel à la matière pure et une économie formelle absolue, abordant la peinture et la sculpture comme des prolongements directs de l'espace habité.
