Marie Rapinel vit et travaille à Rennes
Elle est diplômée des Beaux-Arts de Rennes (EESAB), en 2025
Marie Rapinel aborde la peinture comme une plongée sans retour : un saut dans l’inconnu où la maîtrise cède la place à l’intuition. Son geste, marqué par une spontanéité revendiquée, se nourrit de la fluidité des matériaux. D’abord attirée par l’aquarelle, elle apprivoise la dispersion de la couleur et apprend à laisser le hasard guider la composition. Les teintes saturées s’entrelacent, s’écoulent, formant des strates vivantes où chaque couche raconte une tentative, un effacement, une renaissance. L’acrylique devient ensuite son médium de prédilection, un terrain de jeu où elle explore les textures, superpose les nuances et laisse la matière s’exprimer. Cette quête de liberté trouve son prolongement dans la fresque. Dépassant les limites du châssis, le trait de Marie s’émancipe, investit l’espace. Ce besoin de mouvement répond à une tension intérieure : dans la vie, Marie se décrit comme organisée, presque rigide, mais face à la toile, elle lâche prise. La peinture devient alors un espace d’expérimentation où l’échec n’existe pas, chaque tentative laisse une empreinte, une mémoire qui enrichit ses toiles. Si l’environnement de Rennes n’influence pas directement sa pratique, la ville a pourtant été une rampe de lancement à sa peinture. L’EESAB (École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne) a permis à Marie d’affirmer son langage par les rencontres et cette liberté acquise résonne dans chaque toile : un écho de multiples expériences toujours en mouvement, vivant.
Texte de Mathéo Legal et Mélanie Millard pour le catalogue de l’exposition au cloître de l’EESAB « Un temps pour la peinture », 2025
